quinta-feira, 19 de janeiro de 2017

CHANSONS D'AVANT HIER - CHARLES TRÉNET


LA MER


La mer
Qu'on voit danser le long des golfes clairs
A des reflets d'argent
La mer
Des reflets changeants
Sous la pluie

La mer
Au ciel d'été confond
Ses blancs moutons
Avec les anges si purs
La mer bergère d'azur
Infinie

Voyez
Près des étangs
Ces grands roseaux mouillés
Voyez
Ces oiseaux blancs
Et ces maisons rouillées

La mer
Les a bercés
Le long des golfes clairs
Et d'une chanson d'amour
La mer
A bercé mon cœur pour la vie

QUE RESTE-T-IL DE NOS AMOURS

Ce soir le vent qui frappe à ma porte
Me parle des amours mortes
Devant le feu qui s' éteint
Ce soir c'est une chanson d' automne
Dans la maison qui frissonne
Et je pense aux jours lointains

Que reste-t-il de nos amours
Que reste-t-il de ces beaux jours
Une photo, vieille photo
De ma jeunesse
Que reste-t-il des billets doux
Des mois d' avril, des rendez-vous
Un souvenir qui me poursuit
Sans cesse

Bonheur fané, cheveux au vent
Baisers volés, rêves mouvants
Que reste-t-il de tout cela
Dites-le-moi

Un petit village, un vieux clocher
Un paysage si bien caché
Et dans un nuage le cher visage
De mon passé

Les mots les mots tendres qu'on murmure
Les caresses les plus pures
Les serments au fond des bois
Les fleurs qu'on retrouve dans un livre
Dont le parfum vous enivre
Se sont envolés pourquoi?

Que reste-t-il de nos amours
Que reste-t-il de ces beaux jours
Une photo, vieille photo
De ma jeunesse
Que reste-t-il des billets doux
Des mois d' avril, des rendez-vous
Un souvenir qui me poursuit
Sans cesse

MÉNILMONTANT

Ménilmontant mais oui madame
C'est là que j'ai laissé mon cœur
C'est là que je viens retrouver mon âme
Toute ma flamme
Tout mon bonheur...

Quand je revois ma petite église

Où les mariages allaient gaiement

Quand je revois ma vieille maison grise
Où même la brise
Parle d'antan
Elles me racontent
Comme autrefois
De jolis contes
Beaux jours passés je vous revois
Un rendez-vous
Une musique
Des yeux rêveurs tout un roman
Tout un roman d'amour poétique et pathétique
Ménilmontant !


Quand midi sonne

La vie s'éveille à nouveau

Tout résonne

De mille échos

La midinette fait sa dînette au bistro

La pipelette

Lit ses journaux
Voici la grille verte
Voici la porte ouverte
Qui grince un peu pour dire "Bonjour bonjour
Alors te v'là de retour ?"


Ménilmontant mais oui madame

C'est là que j'ai laissé mon cœur

C'est là que je viens retrouver mon âme

Toute ma flamme

Tout mon bonheur...

Quand je revois ma petite gare

Où chaque train passait joyeux
J'entends encor dans le tintamarre
Des mots bizarres
Des mots d'adieux
Je suis pas poète
Mais je suis ému,
Et dans ma tête
Y a des souvenirs jamais perdus
Un soir d'hiver
Une musique
Des yeux très doux les tiens maman
Quel beau roman d'amour poétique
Et pathétique
Ménilmontant !


JE CHANTE


Je chante !

Je chante soir et matin,

Je chante sur mon chemin,

Je chante, je vais de ferme en château

Je chante pour du pain je chante pour de l'eau

Je couche

Sur l'herbe tendre des bois
Les mouches
Ne me piqu'nt pas
Je suis heureux, j'ai tout et j'ai rien
Je chante sur mon chemin
Je suis heureux et libre enfin.



Les elphes

Divinités de la nuit,

Les elphes

Couchent dans mon lit.

La lune se faufile à pas de loup

Dans le bois, pour danser, pour danser avec nous.

Je sonne
Chez la comtesse à midi :
Personne,
Elle est partie,
Ell' n'a laissé qu'un peu d'riz pour moi
Me dit un laquais chinois.

Je chante,
Mais la faim qui me poursuit
Tourmente
Mon appétit.
Je tombe soudain au creux d'un sentier,
Je défaille en tombant et je meurs à moitié.
« Gendarmes,
Qui passez sur le chemin,
Gendarmes,
Je tends la main.
Pitié, j'ai faim, je voudrais manger,
Je suis léger… léger… »

Au poste,
D'autres moustaches m'ont dit,
Au poste,
« Ah ! mon ami,
C'est vous le chanteur vagabond ?
On va vous enfermer… oui, votre compte est bon. »
Ficelle,
Tu m'as sauvé de la vie,
Ficelle,
Sois donc bénie
Car, grâce à toi, j'ai rendu l'esprit,
Je me suis pendu cette nuit… et depuis…

Je chante !
Je chante soir et matin,
Je chante
Sur les chemins,
Je hante les fermes et les châteaux,
Un fantôme qui chante, on trouve ça rigolo
Je couche,
La nuit sur l'herbe des bois,
Les mouches
Ne me piqu'nt pas.
Je suis heureux, ça va, j'ai plus faim,
Et je chante sur mon chemin !